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Intercède
pour moi, ciel vainqueur du jour passager !
Si je fuyais, je ne fuyais qu’à la
façon d’un messager…
Dans la
fraîcheur du crépuscule, dans la fraîcheur de la futaie,
Je
découvrais qu’on peut dormir, ah ! dormir une nuit à l’abri d’une haie.
*
Une source
exaucée est le lieu excellent de mon âme.
Rien ne m’écartera de l’immensité qui m’enflamme.
Comme les noms,
ô Nuit, je célèbre la Terre, le ciel.
*
Brièvement, je
loue ! Ah ! je louerai deux fois la plus frêle fougère.
Je
suis celui qui sais, qui sais non sans excès qu’elle est frêle et légère.
Ah ! j’ai
chanté. Je chante. Présence des oiseaux sacrés !
Présence et domination des roseaux qui gardent les prés.
Montrant des
voiles aux monts, je laisse un principe limpide
Infléchir le cours des torrents !
*
Pour liberté,
je veux un chêne ! Un chêne sans feuilles et dur !
La
mort est une victoire, un hiver dépouillé comme un mur.
*
Je tourne vers
les jours un visage qui les dévoile.
Visage nu. Comme une pierre. Et nu comme une étoile.
*
J’épie, en
faveur de la Nuit, un oiseau noir et blanc, une pie.
J’épie, ô univers, un oiseau noir et blanc qui m’épie.
L’ombre est
divine… Elle devine mes rivaux :
Les derniers sangliers, la sanglante forêt, et les derniers chevaux !
*
Semblable aux
meutes des feuillages qu’un dieu tourmente,
J’écoute, et les oiseaux écoutent, l’unique voix véhémente.
Partout une
promesse approfondit l’hymne de l’air.
Solitaire, je me confonds à la disparition de l’éclair.
*
Mon âme est
accordée à l’ordre des choses. Qu’importe
Si
la pluie en novembre abîme un peu le toit,
arrache un peu la porte !
Mon âme seule…Ainsi,
ainsi les arbres absolus,
En
s’insurgeant contre la mer, ne s’insurgent
qu’en vain contre ce qui n’est plus.
Un Nom
toujours nouveau a consacré ma bouche indigne.
D’autres signes que le Soleil
gravitent autour du Signe.
Je dispute
l’Espace à la ténuité des torrents…
Des feux très solennels font les feuillages transparents.
L’univers est
une prairie incomparable…
*
Les beaux
chemins égaux, qui couraient à la mer première,
Les roseaux, et les fleuves, s’inclinent sous la Lumière.
Rivages, je
vivrai ! L’abîme a l’éclat de l’Esprit.
Je
sonde l’Océan, où l’antique Soleil s’inscrit.
Une vague me
jette un bâton. Je dresse un mât de fortune.
Dans les pierres je sens blanchir comme une voile opportune.
Debout, je
vois les monts ! Debout. Les vaisseaux et les mers,
Les monts et les vaisseaux font vaciller mes vers.
Pierre Oster |