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Á O. B.
See what delights in sylvan scenes
appear!
Descending Gods have found Elysium here.”
(Regarde les délices que nous offrent
ces scènes sylvestres !
Les dieux venant du ciel ont trouvé ici leurs Champs Élysées. »)
Alexander Pope
L’été, alors! Et cette nuit qui glisse
Silencieuse et blanche
Sur les étanches frissons des feuilles !
Les élancements précipités du temps –
Mais d’autres disent de toute l’éternité
–
Contre le bleu mémorial du cœur !
Et tout d’un coup ce clapotis d’herbes
folles
Dans l’estuaire des heures !
Et cette odeur de souvenirs,
De choses aimées, de noms, de rires si
proches
Qui quittent le fleuve de l’oreiller
Et passent de la surface du sang
Au tremblement furtif de l’âme
Avec la verte agilité d’un écureuil!
Maintenant, se déprenant du lait du
marbre,
Un chant se hâte de nous offrir,
Enchevêtrés dans leur parfait
accomplissement,
Les anaglyphes d’un dieu égyptien !
L’été, encore ! L’été !
Le Livre d’Arator,
Les sauges, les romarins, les thyms,
Les corps fluides des fleurs aériennes
Qui font trembler le voile subtil de
l’air
Et l’ordre rigoureux
Des ombres aoûtiennes !
Athanse Vantchev de Thracy
A Paris, jeudi 25 mai, Anno Domini MMVI,
Fête de l’Ascension de Notre-Seigneur
Glose :
Anaglyphe (n.m.) :
du grec anagluphos (ανάγλυφος),
« ciselé ou relevé en bas-relief ». Ouvrage (spécialement inscription
ornementale) sculpté ou ciselé en bas-relief. Les anaglyphes égyptiens.
Dans le domaine du graphisme : Nom technique donné aux images en
relief à base de plusieurs images superposées (en général une bleue et une
rouge : on a besoin de lunettes à verres colorés pour voir le relief).
Elysées (champs) – (n.m.pl.) :
en grec Êlusia Pedia. Séjour
des âmes des héros et des hommes vertueux aux Enfers, dans la mythologie
grecque et latine. D’où en français : Champs-Elysées.
On
rencontre dans les Enfers de l’Antiquité le nocher Charon, le chien
Cerbère et les maîtres des lieux, le dieu Hadès et sa femme, la déesse
Perséphone et les plus hautes figures du genre humain. Les criminels
purgent pour l'éternité leur peine et endurent des châtiments raffinés ;
les bons goûtent la félicité incomparable des Champs Elysées, l’équivalent
du paradis chez les chrétiens.
Alexandre Pope (Londres 1688 –
Twickenham 1744) : poète et
essayiste anglais. Enfant d’une famille de commerçants aisés, de santé
précaire, il fréquenta les écoles catholiques de Winchester et de Londres.
Il avait douze ans quand il composa son Ode à la solitude. Ses
disgrâces physiques (il était petit et bossu) l’amenèrent à renoncer aux
joies sentimentales : il ne composa que deux poèmes d’inspiration
amoureuse. Pope avait appris seul le français, l’italien, le grec et le
latin. Sa traduction en vers de l’Iliade (1720) fut
considérée comme un chef-d’œuvre. Son Essai sur la critique a joué
en Angleterre le rôle de l’Art poétique de Boileau en France. Poète
satirique, Pope donna libre cours à son ressentiment contre les écrivains
médiocres dans La Dunciade (1728) et La Nouvelle Dunciade
(1742), dérivé du terme péjoratif dunce, « gourde ». Il affirme la
bonté et la dignité naturelle de l’homme dans son Essai sur l’homme
(1734). C’est sous forme épistolaire qu’il fit paraître ses Essais
moraux (1735).
Mémorial, pl. mémoriaux (n.m.) :
du bas latin mémoriale. Ecrit
où sont consignées les choses dont on veut se souvenir. Le « Mémorial »
de Pascal. Mémoires. Le « Mémorial de Sainte-Hélène, de Las
Cases. Anglicisme : Monument commémoratif. Le mémorial de La
Fayette.
Estuaire (n.m.) :
du latin oestuarium, de oestus,
« mouvement des flots ». Partie terminale d’un fleuve
sensible à la marée et aux courants marins, souvent en forme d’embouchure
évasée. Estuarien, estuarienne (adj.) : Relatif aux estuaires.
Arator (VIe siècle ap. J.-C.) :
poète chrétien et sous-diacre
romain, Arator mit les Actes des Apôtres en vers.
L’importance littéraire de la Bible est immense. Non seulement à
cause de ses propres textes, mais aussi, par les nombreux commentaires,
prêches et versions, rimées ou non, et chants religieux qu’elle a
suscités. Déjà, vers 330, le prêtre espagnol Gaius Vettius Aquilinus
Luvencus recomposa les évangiles en hexamètres virgiliens appréciés et
imités jusqu’au XVIIe siècle. Plus tard, un poète inconnu
publia, sous le pseudonyme de Cyprianus Gallus, un Pentateuque
sous l’influence de poèmes composés par Claudius Marius Victorius (vers
425) et par Alcimus Ecdicius Avitus (vers 500).
Aoûtien, aoûtienne (adj.) :
de août, lui-même du latin
augustus, proprement « mois d’Auguste », c’est-à-dire du premier
empereur romain. Relatif au mois d’août.
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