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Je t’aime ! Les mots sont
tristes comme un immense départ
Qui doublement sépare le cœur de l’infini !
Je t’aime avec la brise, avec le doux bruit
Des coccinelles qui marchent vers l’ombre du soir !
Je t’aime avec l’aurore qui
tremble dans tes yeux,
Avec l’éternité parmi tes cils de lin !
Je t’aime avec les pleurs, avec le temps serein
Des âmes de lumière, de l’air vertigineux !
Je t’aime avec l’abîme dément
de l’insomnie,
Avec les caravanes qui veillent sur mon délire,
Avec la force de l’eau et la fureur d’un cri !
Je t’aime ! Ô grande nuit,
renverse sur ma Palmyre
Les océans de feu, les myriades de chants,
Les lacs de la tendresse dans l’ambre de son sang !
Glose :
Palmyre : du grec
palmura, traduisant l’antique terme tadmor, « cité des
palmiers ». Oasis du désert de Syrie, capitale de la Palmyrène. Mentionnée
dès le III millénaire av. J.-C., Tadmor subit l’influence des Amorites,
des Araméens, puis des Arabes. Elle s’hellénisa après la conquête
d’Alexandre le Grand, puis, au Ier siècle, entra dans l’orbite de Rome. De
260 à 272 ap. J.-C., sous le règne d’Odenath, puis de
sa femme Septima Zenobia (Zénobie), Palmyre devint une véritable puissance. C’est une des plus belles cités antiques ! La plupart de ses monuments sont bien conservés : sanctuaire du dieu Bel (peut-être un
ancien dieu Bôl), rue bordée d’arcades et arche monumentale, théâtre,
caveaux (hypogées) et tours funéraires. |