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Dédié
à un Ami arabe qui, dans une lettre envoyée de l’Angleterre, m’écrivait
"Je m’ennuie ici. Je n’ai, autour de moi, que pluie et brouillard"
Ici,
Autour de moi,
Le soleil crie et chante !
Il fait germer
La riche couleur chargée de baume.
C’est notre héritage –
Les vagues de lumière demeurent dans
Notre sang –
Un pourpre fleuve
De fierté !
Le soleil crie et chante
Sans trêve
Sur nos côtes,
Sur nos déserts
Les immortelles paroles et mélodies
D’ « Al-Mouanna »,
D’ « Al-Ataba »!
Son nom sempiternel,
Nous l’avons inscrit parmi nos noms
Quand nous étions encore
Le livre du ciel
Entre les mains de notre propre terre !
N jour, le temps
Vint s’incliner
Devant notre clarté,
Puis, nous dispersa dans le ciel
Comme les flammes
Des étoiles brillantes.
Ô mon Ami,
Comme toi
Je suis une poignée
De notre sable pur,
Une gorgée de sa soif !
Ce pays –
Mirage de vastes déserts –
Nous le buvons,
Nous le buvons
Ce vieux pays
Dont nous aimons
La terre et le ciel !
Et si ma vision venait de se ternir
Je le verrai toujours
Malgré l’obscurité
Au fond de moi !
Malgré les vagues et les brouillards
Qui nous séparent,
Tu restes avec moi
Dans les café
Et sur les routes :
Nous sommes tissus
Des fibres de ce sol !
Oublier ?
Est-il possible d’oublier cette terre ?
Abrège les jours !
Reviens,
Ami !
Ô quelle énigme,
Quels doux secrets
Recèle la boisson ?
Même amère
Je l’aime !
J’aime le soleil
Qui brûle nos corps,
Qui chante le sable
Jusqu’à âtre ivre !
Sa chaleur
Est dans nos poitrines !
Malheureuse comme nous,
Errant dans le désert,
Rompue et fatiguée
De voyages !
1964. Poème
traduit de l’arabe par Athanase Vantchev de Thracy
* « Al-Mouanna » et « Al-Ataba » - chansons
populaires fort prisées en Syrie et au Liban.
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