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Beauté dans la
beauté, tendresse dans la tendresse,
La transparente caresse de l’âme sur les visages,
Le temps immaculé qui ennoblit les âges
Et rend plus délicate la dague de la tristesse.
Et cette
mélancolie, ces frémissements mystiques
Des traits aériens qui voguent dans le silence !
Splendeur dans la splendeur, clarté et élégance
Des êtres fascinés par le délire mythique !
Comme tout est
raffinement parfait et précieux :
Les immortelles Madones, Vénus, saint Augustin,
Les Anges en robes d’éther et les Enfants sereins,
L’intemporel
Printemps, les fleuves miraculeux !
Je t’aime, ô âme d’azur, ô astre véridique,
Adolescent céleste, Ami des vies tragiques !
Athanase Vantchev de
Thracy
A Paris, le mardi 5 octobre, Anno
Domini MMIV
Glose :
Sandro Botticelli (Florence 1445 – id. 1510) :
le vrai nom de
ce peintre de génie était
Sandro di Mariano Filipepi. Botticelli est un surnom. Peut-être le
lui a-t-on donné en souvenir de son premier apprentissage en tant que
« battigello », c’est-à-dire celui qui battait l’or et l’argent. Il
fut l’élève de Filippo Lippi et de Verrocchio qui ont exercé, avec Antonio
del Pollaiolo, une grande influence sur la formation de son style (La
Force,
1470). Les Médicis le remarquèrent très vite : c’est pour Lorenzo di
Pierfrancesco, cousin de Laurent le Magnifique, que le peintre exécuta
quelques-uns de ses tableaux les plus célèbres, comme Le Printemps
(1478) et Pallas et le Centaure (1482). Par la suite, ces
œuvres furent réunies avec
La Naissance de Vénus
(1485)
à la Villa Médicis de Castello. Pour un banquier proche des
Médicis, il réalisa sa célèbre Adoration des Mages (où figure
l’autoportrait de l’artiste) aujourd’hui aux Offices. Sandro peignit
quatre tableaux sur ce sujet. Outre de nombreuses et superbes Madones,
souvent peintes sur des tondi, Botticelli réalisa pour les églises
florentines
de magnifiques retables qui se trouvent aujourd’hui aux Offices de
Florence. Il exécuta quelques portraits parmi lesquels
La Belle Simonetta
ou Portrait
de Jeune femme, Portrait de jeune homme à la médaille que l’on a
identifié comme son frère Antonio, célèbre pour avoir frappé des médailles
pour les Médicis. Maître incontesté de la ligne en Occident, Botticelli
l’utilisa, dans ses dessins, comme l’ultime frontière entre le visible et
l’intelligible (illustration pour la Divine
Comédie
de
Dante, après 1480). Botticelli fut un homme triste et solitaire, ami des
affligés et des hommes à la vie tragique. Il subit l’influence du grand
humaniste florentin Angelo Polizziano (Ange Politien),
traducteur de l’Iliade en latin. C’est Politien qui lui insuffla son grand
amour de la mythologie grecque. Vers la fin de sa vie, Botticelli tomba
dans un profond mysticisme. Malgré son immense génie, il fut très vite
oublié. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les préraphaélites anglais le
redécouvrirent. Il fut appelé l’Eternel Adolescent.
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