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Je rêve à vous, mon Prince endormi. La lumière du soir coule des branches
des
tilleuls sur la fine soie de vos cheveux ondoyants. Le grêle bruit des
mésanges emplit
l’air adamantin du jardin d’une joie embaumée.
Ah, comme ils sont beaux à cette heure printanière les pavillons d’or de
votre famille,
mon doux Prince, les ruisseaux roses des pétales des pommiers en fleurs,
les étangs
aux nénuphars blancs, les herbes grasses et drues, les élégants petits
sentiers qui
mènent au temple antique !
L’eau neigeuse coule partout dans la plaine, ravivant fleurs et vergers
sur sa route.
Seule mon âme ressemble à un ciel voilé de mélancolie. Ô jeune brise,
écoute le
chant douloureux de mon chagrin, sois la compagne de ma tranchante
solitude :
Je rêve à mon Prince qui ignore jusqu’à mon existence,
Sur mes cils blancs verdit le soir du mois d’avril,
Tapis au creux des rochers conversent les martins pêcheurs
Plus besoin de pleurer sur les âmes endormies à jamais.
Athanase Vantchev de Thracy
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