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Regardez, mon Prince aimé, comme l’air se ramasse et puis rebondit vers
les collines
recouvertes de violettes fraîches. L’air, mon Prince magnifique, ébranlé
par sa masse
lisse, unique, continu ! Comme la lyre, mon Prince adoré, possède un
registre, un
timbre et un langage harmonieux, comme le son aigu ébranle un bref instant
et en
profondeur notre être et le son grave presse de sa force exaltée notre
oreille et dure
longtemps au fond de notre âme, ainsi nos cœurs, dans leur vaste
frémissement, ont
leurs multiples et célestes qualités.
Mais vous ne m’écoutez pas, mon Prince aimé, et, tendrement distraite,
votre regard
cherche à saisir la couleur intime de chaque objet. Ô, mon Prince,
marchant dans la
lumière de l’été ! Vous rappelez-vous, mon Maître, ce poème De la Dame aux
œillets
que, tout jeune enfant encore, vous ne pouviez pas écouter sans sangloter
sur ma
brûlante poitrine :
« J’ai composé, d’une brassée de jonquilles, une couronne pour mon
Chevalier
Et cousu, de ce large tissu de soie plus délicate que les pétales d’une
pensée
printanière,
Une ample robe, une robe flottante pour habiller son ultime voyage !
Ô dieux célestes, c’est à vous que je confie à présent
Le corps resplendissant de mon Prince endormi à jamais ! »
Athanase Vantchev de Thracy
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