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Hortus delicarium
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A Daniel Wheeler
« Anima hominis symphoniam in se habet et symphonizans est »
(L’âme de l’homme porte en soi la symphonie et est symphonique)
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)
La pluie qui tombe doucement,
précautionneusement,
Appuyée contre le tronc du cyprès,
Est-ce ainsi que les mots deviennent
Est-elle si illimitée la puissance du
Verbe,
(Taisez-vous démons aériens,
Mer, cyprès, mouettes, cœur
Tout ceci donne-t-il une modestie
transparente
Dites-moi, ô peupliers des lumières,
Tombe, ô délicate pluie,
Lave, ô pluie amoureuse,
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, ce dimanche 27 février, Anno Domini MMV
Glose :
Hortus deliciarum :
le « Jardin des délices ». Titre d’un
célèbre ouvrage encyclopédique sur l’histoire spirituelle de l’humanité
écrit par Herrade de Landsberg (vers 1125-1195), abbesse du couvent
du Mont-Sainte-Odile (Alsace) et érudite. Ce texte, brûlé lors de
l’incendie de la bibliothèque de Strasbourg (guerre de 1870), a pu être
reconstitué à partir de nombreuses copies. Sainte Hildegarde de Bingen
écrivit un recueil de chants grégoriens. Il
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) : une des plus grandes mystiques du Moyen Âge, surnommée « la Sibylle du Rhin ». Bénédictine, elle fonda les monastères de Rupertsberg (1147) et d’Eibingen (1165). Sainte Hildegarde devint célèbre pour ses écrits surprenants. Attwater dit d’elle : « Hildegarde était la première des grandes mystiques allemandes, prophétesse et poète, médecin et moraliste politique, qui réprimanda des papes et des princes, des évêques et des laïcs, d’une probité entière et d’une justice sans erreur ». Accusée par ses ennemis, elle fut défendue par saint Bernard de Clairvaux et par le pape Eugène III, un disciple de saint Bernard. Les savants modernes attachent beaucoup d’importance aux écrits de ce personnage exceptionnel. La plus connue de ces œuvres reste Sci vias (« Connais les chemins ») rédigée entre 1141 et 1151.
Superna symphonia : littéralement « symphonie placée en haut, symphonie d’en haut, symphonie supérieure ». Exclamation de sainte Hildegarde devant la beauté de la Création qui est, d’après elle, la face visible, le signe intelligible de l’ineffable grâce de Dieu. |