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Ô langue mycénienne - français / anglais

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Ô LANGUE MYCÉNIENNE

Ô toi, petite tablette d’argile

Toi qui fait frémir ce soir mon cœur

Et donne des vertiges délirants

À mon esprit ébloui !

 

Ô morts aimés, morts nos amis,

Vous qui savaient nous parler différemment

Avec ce retenu, cette élégance, cette décence inouïe !

 

Ô langue mycénienne,

Tu es la grande rose du savoir du midi,

La suprême vivacité du besoin de l’homme antique

De parler et de laisser,

Sur des tablettes sorties de la terre

Les torrents de réalités

Et la présence permanente et éprouvée

Du fardeau des secrets.

De dire la vérité de la vie,

Sa folie, son innocence, ses blessures,

Ses moments de latence.

 

Toi, cité des téméraires Achéens

Que glorifie dans des vers sublimes

Le grand, l’immortel Homère,

Toi architecte de la splendeur

Des âmes qui vénéraient déjà

Zeus, Héra, Poséidon, Hermès,

Athéna, Artémis, Dionysos

Et Apollon, dieu de la lumière et des arts

Venu d’Asie Mineure !

 

Assis à l’ombre des andromèdes,

Je contemple, en ce jour de mai,

Les yeux voilés d’une émotion singulière,

Les fines entailles dans la chair vibrante

De l’argile grecque.

 

Signes magique, voix de la terre

Qui portent au point  le plus élevé

Les admirables âmes d’un passé

Qui connaissaient une liberté d’ordre supérieur –

La liberté de l’intelligence !

 

Ô vous langues vigoureuses du monde antique,

Arvanitica et gègue !...

 

Et j’ai envie de pleurer,

Moi, le poète, l’être moderne

Suggestionné, harcelé,  abêti,

Brutalisé, émoussé, dégradé

Par les stratagèmes et les subterfuges

D’un aujourd’hui troublant, obscur

Et dévastateur !

 

Ô que ferais-je, mon ange,

L’homme évanescent,

Sans la substance stellaire et

Sans la mélodie sonore

De la toujours divine poésie

Reconnaissable par tous ?

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 12 mai 2019

Glose :

Le mycénien (la langue mycénienne) est la forme de grec la plus anciennement attestée, parlée en Grèce continentale, en Crète et à Chypre du XVIe siècle av. J.-C. au XIIe siècle av. J.-C. La langue est préservée dans des inscriptions en linéaire B, une écriture attestée pour la première fois en Crète avant le XIVe siècle av. La plupart de ces inscriptions ont été rédigées sur des tablettes en argile trouvées à Cnossos en Crète centrale et à Pylos dans le sud-ouest du Péloponnèse. D'autres tablettes ont été trouvées à Mycènes elle-même, à Tirynthe, à Thèbes et à La Canée en Crète occidentale.

Les tablettes restèrent longtemps indéchiffrables, et plusieurs langages plausibles furent suggérés, jusqu'à ce que Michael Ventris décode le linéaire B en 1952 et prouve qu'il transcrivait une forme archaïque de grec.

Les textes sur les tablettes sont pour la plupart des listes et des inventaires. Aucune prose narrative n'a survécu. Malgré cela, on peut, grâce à ces vestiges, entrevoir beaucoup sur les personnes qui les ont produits et sur la Grèce mycénienne, la période précédant les siècle obscurs..

Le mycénien est préservé dans des documents en linéaire B, qui consiste en environ 200 signes et logogrammes. Le linéaire B dérivant du linéaire A, une écriture transcrivant une langue minoenne probablement sans relation avec le grec. il ne reflète pas parfaitement la phonologie du mycénien. Des signes syllabiques en nombre limité doivent représenter un nombre de syllabes produites bien plus élevé, qui auraient été mieux représentées phonétiquement par les lettres d'un alphabet.

Linéaire B : Le linéaire B est un syllabaire utilisé pour l'écriture du mycénien.

Il se compose d'environ 87 signes.

Les nombre sont décimaux, les poids et mesure sont d'inspiration babylonienne.

Linéaire A : le « linéaire A » est une écriture, encore non décryptée, qui fut utilisée dans la Crète ancienne. Cette écriture était composée de quatre-vingt-cinq signes et idéogrammes. On suppose qu'il transcrit la langue des Minoens. C'est Arthur Evans au début du XXe siècle qui découvrit en Crète les vestiges de cette écriture, ainsi que d'autres écritures anciennes. Il les nomma « hiéroglyphes crétois », « linéaire A » et « linéaire B », selon leur apparence et leur ancienneté.

La civilisation minoenne s'est développée sur les îles de Crète et de Santorin au sud de la Grèce de 2700 à 1200 av. J.-C. Tirant sa dénomination moderne du nom du roi légendaire Minos.

Naissance de la civilisation mycénienne :


Des populations d’origine indo-européenne s’infiltrent dans la péninsule balkanique, colonisent lentement la Grèce actuelle et s’installent sur les terres du sud. Ils y fondent de petits royaumes, chacun constitué d’une ville entourée de murs et de terres. Mycènes est le royaume le plus important et il donne son nom à la civilisation mycénienne. Ils sont aussi appelés Achéens. Ils imposent leur langue, le Grec, qu’ils transcrivent en adaptant les caractères crétois, inventant ainsi une nouvelle écriture, le « linéaire B ».

 

VERS 1 600 – 1 250 AV J.-C.

 

Habitat :


L’habitat se transforme et s’organise autour d’une pièce dont le centre est occupé par un foyer et un orifice percé dans le toit à la verticale faisant office de cheminée.

 

Croyances :


La civilisation mycénienne vénère déjà Zeus, Héra, Poséidon, Hermès, Athéna, Artémis, Dionysos, etc., qui seront les dieux de la Grèce classique. Apollon, dieu venu d’Asie Mineure, et Héphaïstos ont aussi été identifiés.

Royauté :


Les rois mycéniens habitent de magnifiques palais où l’on trouve à la fois bureaux, ateliers, entrepôts et appartements royaux privés. La plus grande salle, le mégaron, sert pour les banquets et les fêtes. Des poètes chantent la bravoure du roi au combat, les victuailles et le vin sont servis par de nombreux serviteurs.

Ecriture :


Dans les bureaux, les scribes comptabilisent les denrées conservées au palais en écrivant sur des tablettes d’argile.

 

Sépultures :


Les Mycéniens prennent grand soin de leurs morts. Les tombes sont implantées au cœur des palais et des villages, et traduisent une nouvelle conception du monde, du clan, de la famille et de l’individu. Les premiers rois mycéniens et leurs famille sont enterrés dans de profonds puits de sépulture possédant chacun une dalle en pierre au niveau de la surface du sol. Les puits sont remplis d’ornements en or et en argent, de gobelets, d’épées et de poignards. Beaucoup on été retrouvés car la profondeur des puits n’était pas accessibles facilement aux pilleurs. Le cimetière qui comprend plusieurs tombes est protégé par un mur d’enceinte circulaire en pierre. Plus tard, les rois de Mycènes seront ensevelis dans de vastes tombes en coupole construites sous d’énormes tumulus  de terre.

 

Andromède (n.f.) : l’andromède ou Pieris de la famille des Ericaceae. est un arbuste typique de terre de bruyère au feuillage lustré persistant souvent rouge, rose ou cuivré à sa naissance. Des grappes délicates de clochettes roses ou blanches s’épanouissent au printemps.

Arvanitica ou arvanitika : la langue arvanite (arvanitique: αρbε̰ρίσ̈τ arbërisht, grec: αρβανίτικα, arvanítika) est un ancien dialecte de la langue albanaise fortement influencée par la langue grecque, traditionnellement parlée par les Arvanites, une population historique de la Grèce. La langue arvanitique est maintenant sur le point de disparaître, car ses locuteurs utilisent principalement le grec et la majorité des nouvelles générations le parlent de plus en plus rarement.

Les Arvanites (grec moderne: Αρβανίτες, albanais: Arbëreshë, roumain : Arnăuți) sont un groupe ethnique de Grèce, aujourd'hui hellénophone mais parlant à l'origine un dialecte tosque de la famille de l'albanais.

Guègue : le guègue, en guègue gegnisht, en albanais tosque gegërishte (« guègue », forme définie gegërishtja, « le guègue »), est un dialecte de l’albanais, parlé dans le nord de l'Albanie, au Kosovo, en Serbie du sud. au Monténégro oriental et en Macédoine occidentale.

En ce qui concerne le sens du mot « guègue, Pashko Vasa pensait qu'il fallait chercher chez Homère, précisément dans les vers où il dit : « Au delà des montagnes d'Acrocéro vivent les géants. » Le mot « gigas » en grec signifie « géant », vigoureux. Pour argumenter son dire, Pashko Vasa se base sur un document dans lequel, entre autres, il est écrit que le mot « giga » et « guega » représentent le même substantif et ont le même sens en albanais et en grec.

Pashko Vasa Shkodrani (1825-1892), dit « Vasa Pacha » ou « Wassa Pacha », Albanais catholique de Shkodër, exerce diverses fonctions officielles au sein de l’Empire ottoman, notamment gouverneur de la province autonome du Mont-Liban de 1883 à 1892. Il meurt à Beyrouth. Ses restes sont rapatriés à Shkodër. en 1978.

 

ENGLISH :

O Mycenaean Language

 

O you, small clay tablet,

you who make my heart tremble this evening

and rapturously shake the foundations

of my dazzled mind!

 

O beloved dead, our friends who are no more,

you who were able speak to us differently

with this restraint, this elegance, this extraordinary propriety!

 

O Mycenaean language,

you are the great rose of knowledge of the South,

the supreme vital need of ancient man

to speak and to leave,

on tablets retrieved from the earth,

torrents of realities

and the permanent and well-tried presence

of the burden of secrets.

 

To express the truth of life,

its folly, its innocence, its wounds,

its moments of latency.

You, cities of the bold Achaeans,

glorified in sublime lines

by the great, the immortal Homer,

you, architect of the splendour

of the souls who would already worship

Zeus, Hera, Poseidon, Hermes,

Athena, Artemis, Dionysus

and Apollo, god of light and the arts,

come from Asia Minor!

 

Seated in the shade of the rosemary bushes,

this day in May, I contemplate

the veiled eyes of a singular emotion,

the delicate lines cut into the vibrant flesh

of the Greek clay.

 

Magical signs, voices of the Earth

bringing to the highest point of perfection

the admirable souls of a past,

who knew a superior order of freedom –

the freedom of the intelligence!

 

O you, vigorous languages of the Ancient World,

Arvanitica and Gegue !...

 

And I feel the tears come,

I, the poet, the modern man,

suggestible, harassed, stupefied,

brutalised, dulled, debased,

by the stratagems and the subterfuges

of a contemporary world that is disturbing, dark

and destructive !

 

What would I do, my angel,

I, the evanescent man,

without the stellar substance

and the resounding melody

of the always divine poetry

that all can recognise !

 

 

Translated from the French of Athanase

O Mycenaean Language

 

O you, small clay tablet,

you who make my heart tremble this evening

and rapturously shake the foundations

of my dazzled mind!

 

O beloved dead, our friends who are no more,

you who were able speak to us differently

with this restraint, this elegance, this extraordinary propriety!

 

O Mycenaean language,

you are the great rose of knowledge of the South,

the supreme vital need of ancient man

to speak and to leave,

on tablets retrieved from the earth,

torrents of realities

and the permanent and well-tried presence

of the burden of secrets.

 

To express the truth of life,

its folly, its innocence, its wounds,

its moments of latency.

You, cities of the bold Achaeans,

glorified in sublime lines

by the great, the immortal Homer,

you, architect of the splendour

of the souls who would already worship

Zeus, Hera, Poseidon, Hermes,

Athena, Artemis, Dionysus

and Apollo, god of light and the arts,

come from Asia Minor!

 

Seated in the shade of the rosemary bushes,

this day in May, I contemplate

the veiled eyes of a singular emotion,

the delicate lines cut into the vibrant flesh

of the Greek clay.

 

Magical signs, voices of the Earth

bringing to the highest point of perfection

the admirable souls of a past,

who knew a superior order of freedom –

the freedom of the intelligence!

 

O you, vigorous languages of the Ancient World,

Arvanitica and Gegue !...

 

And I feel the tears come,

I, the poet, the modern man,

suggestible, harassed, stupefied,

brutalised, dulled, debased,

by the stratagems and the subterfuges

of a contemporary world that is disturbing, dark

and destructive !

 

What would I do, my angel,

I, the evanescent man,

without the stellar substance

and the resounding melody

of the always divine poetry

that all can recognise !

 

 

Translated from the French of Athanasantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Dimanche, 12 Mai 2019 23:37 )