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Un petit poème tissé de perle de rosée - français

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PETIT POĖME TISSÉ DE PERLE DE ROSÉE

« Ist mir min leben getroumet, oder is es war”

(Ai-je rêvé ma vie ou est-elle vraie »)

Walther von der Vogelweide

Cette violente beauté du matin

Et cette joie printanière

D’une si grande ampleur !

 

Je ferme les yeux en sainte émotion !

 

Je sais que des cieux ouverts

Coulera sur moi le souffle des dieux

Et que je pourrais écrire un poème

Où, de chacun de mes mots

Jaillira la pure lumière.

 

Un poème tout de perle de rosée

Et d’un tissu indéchirable !

 

Et, pendant que je bois la liqueur

Du jour naissant, au dehors, dans le jardin,

Mon ange aimé

S’applique à apprendre par cœur

Les noms magiques des fleurs !

 

Espiègle, un vent délicat

Soulève et froisse de ses doigts évanescents

Sa robe de soie d’azur !

 

Ah, ses petits pieds blancs

Sur l’excès vert de l’herbe !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 14 mai 2019

Glose :

Walther von der Vogeweide (vers 1170-1230) considéré comme le plus grand poète allemand du Moyen Âge, Walther von der Vogelweide défendait les vertus d'une vie équilibrée, en société comme dans la sphère privée, dans une œuvre qui reflète sa désapprobation à l'égard des individus, des actions et des croyances qui viennent troubler cette harmonie.

Walther von der Vogelweide naît vers 1170. Son lieu de naissance n'a jamais pu être identifié avec certitude, mais le titre Herr, que lui donnent d'autres poètes, renvoie à un état de chevalier. Ses poèmes suggèrent clairement qu'il reçut une éducation formelle dans un monastère. Walther apprend les techniques de son art à Vienne, à la cour de Léopold V, duc de Babenberg. Lorsque l'un des successeurs de ce dernier, Léopold VI, s'installe à Vienne, Walther ne parvient pas à gagner sa faveur (peut-être en raison de la rivalité qui l'oppose à Reinmar de Haguenau premier grand interprète de minnesang, et poète attitré de la cour viennoise). Il obtient en revanche la protection de Philippe de Souabe en soutenant dans ses écrits la cause de sa famille, les Hohenstaufen, contre le parti rival des guelfes (Welfs) lors de leur lutte pour le trône impérial, vacant depuis la mort d'Henri VI en 1197. Le pape Innocent III prend la défense des guelfes, provoquant ainsi la verve antipapiste qui traverse nombre des poèmes politiques de Walther.

Déçu par la manière dont Philippe de Souab le traite, Walther quitte son souverain pour servir plusieurs autres maîtres jusqu'à ce qu'il revienne dans la sphère politique en 1212 – cette fois du côté de l'empereur guelfe Otton IV de Brunswick, contre Innocent III. Une fois encore, il ne bénéficie pas de la générosité à laquelle il s'attendait. Dès cette année-là, lorsque Frédéric II de Sicile revendique le trône pour la maison des Hohenstaufen, Walther change de camp pour rejoindre le nouvel empereur germanique, couronné en 1215. Ce dernier lui octroie un petit fief, garant de la sécurité qu'il convoite depuis si longtemps