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A X
« De la mer, je suis venu
jusqu’ici
Et, de nouveau, j’ai reconnu
la vague dans ton étreinte… »
Hart Crane
(1899-1932)
Tu es et tu n’es
pas ! Voix évanouie
D’un temps empli de chants, de rire et d’espoir,
Un jour printanier que le fragile soir
Dépose comme une offrande dans l’âme de la nuit.
Tu es et tu n’es
pas ! Un insondable cri
Qui creuse comme un burin mon ample mémoire,
Un alphabet de braise, une fresque d’oratoire
Où, immortels, rayonnent tes traits indéfinis !
Tremblant, je
rêve encore que mes baisers de feu
S’enfoncent dans l’océan de ton regard antique
Et que ton cœur profond comme un écrit attique
Revient frapper
mon sang de son sourire brumeux !
Tu es et tu n’es pas ! Un rêve, une plénitude !
Une plaie qui illumine ma sombre solitude !
Athanase Vantchev de Thracy
A Paris, ce
dimanche 28 novembre, Anno Domini MMIV
Glose :
Irène : nom propre du grec eirênê, « la paix ». Le prénom
Ira dérive du prénom Irène. La sainte patronne des Irène
est une jeune Grecque, brûlée avec ses deux sœurs Agapé (l’amour)
et Chionia (la pureté) à Thessalonique au début du IVe siècle.
Elles avaient toutes trois caché des livres saints et refusé de manger de
la viande consacrée aux idoles. Fete : le 5
mai.
Hart Crane (Garretsville, Ohio 1899 – la mer des Caraïbes 1932) :
un des plus grands poètes américains du XXe siècle. Issu d’une famille
désunie, il était obsédé par l’idée de rupture. Son long et remarquable
poème Le Pont (1930) présente l’Amérique moderne comme un « pont »
capable de relier le passé à l’avenir. On retrouve dans son dernier poème,
The broken Tower (« La Tour brisée »), l’émotion religieuse de
certains vers du Pont. Hart Crane fut marqué par son séjour en
Europe (Londres, Paris, la Provence) et par sa rencontre avec les
surréalistes français en 1928-1929. La vie de Crane fut marquée par de
nombreuses aventures homosexuelles ; sa mort, mystérieuse, au retour d’un
voyage au Mexique, s’inscrit peut-être dans ce contexte, à moins qu’il ne
s’agisse d’un suicide. Le long poème Key West, publié après sa
mort, est son œuvre la plus célèbre.
Oratoire (n.m.) : du latin ecclésiastique oratorium,
lui-même du verbe orare, « prier ». Le lieu destiné à la prière,
petite chapelle. Eglise, maison de la congrégation des prêtres de
l’Oratoire, fondée à Rome par saint Philippe Neri (1575). L’Oratoire
de France ou Oratoire de Jésus et Marie immaculée fut fondé par
le cardinal de Bérulle en 1611.
Oratoriens célèbres : saint Jean Eude, Malebranche, Massillon, Richard
Simon.
Attique (adj.) : du grec attikos. Qui a rapport à l’Attique,
à Athènes, aux Athéniens. Goût parfait, finesse attique. Le goût
attique, c’est-à-dire le sentiment des nuances, la grâce légère,
l’ironie imperceptible, la simplicité du style, l’aisance du discours,
l’élégance de la preuve
(Hippolyte
Taine). |