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« Vous me demandez ce que je fais à la campagne ?... »
Saint-Evremond (1615-1703)
Nous parlons à mi-voix dans la chaude
ivresse
Ah ! Toute cette poésie de l’air
Que ferais-je de cet étang de feu votif,
Chère,
Chante-moi une chanson !
Fais frissonner, je te prie,
Réveille en ma chair désolée
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, ce lundi 7 mars, Anno Christi MMV
Glose :
Charles de Marguetel de Saint-Denis de Saint-Evremond (1615-1703) : Moraliste et critique français. Il dut, en raison d’écrits frondeurs contre Mazarin, s’exiler à Londres où il vécut désormais, refusant de profiter de la grâce octroyée par Louis XIV. Ses écrits qui circulaient en France comme en Angleterre, manifestent, sur des sujets très différents, son esprit libertin. En histoire, ses Réflexions sur les divers génies du peuple romain dans les différents temps de la République (1663) annoncent les théories de Montesquieu, tandis que la Conversation du maréchal d’Hocquincourt avec le Père Canaye défend une morale naturelle reposant sur un épicurisme mesuré. En littérature, enfin, ses nombreux écrits (surtout sur le théâtre) et sa volumineuse correspondance révèlent son indépendance d’esprit et ses vues pénétrantes sur la nécessaire évolution des arts (Sur les poèmes des Anciens, 1685).
Saint-Evremond, dissertant sur les plaisirs, confiait au comte d’Olonne : « Vous me demandez ce que je fais à la campagne ? Je parle à toutes sortes de gens, je pense de toutes sortes de sujets, je ne médite sur aucun, les vérités que je cherche n’ont pas besoin d’être approfondies ; d’ailleurs je ne veux avoir sur rien un commerce trop long ou trop sérieux avec moi-même… Pour vivre heureux, il faut faire peu de réflexion sur la vie… »
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