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La terre est
un savoir ! D’où les eaux, d’où les rochers
jaillissent.
La nuit, la plaine et la mer
fondent un savoir proche
des murs.
Et, là, là ! là, solitude aux
couleurs de la nudité des
choses,
Le soleil gravit les collines…Il
redescendra dans les
champs,
Dans les mares, dans l’herbe.
Autant de mares, autant
de portes
Par où le ciel rejoint le chaume.
Arbres meurtris, che-
mins détruits,
La
campagne se tait. J’en conjure, en accepte la paix.
Le silence
Signifie-t-il que les talus… si hauts, face au dieu du
Tout,
Que les talus, de l’orbe des planètes au labyrinthe des
plantes,
Ferment sans cesse une prison ayant la forme d’un val-
lon ?
D’un vallon protecteur… Et, grâce à l’humus, à quelque
manne
Humide, à la recherche de la rosée, au repos déjà solen-
nel
Du
matin, je me voue à l’espace. A sa beauté je m’in-
féode
Bien avant que les heures ne brillent. Ah ! je mesure
à loisir
Le
petit jour… Sur l’horizon le soleil s’arrondit,
s’exalte.
La
nuit le couronne. Il nous restitue et nous dicte
et nous
Vole une réponse ! Alors la pluie, infime, intime,
agréable,
Orne des traces élémentaires, alimente à présent
le fanal
Qui, augural, fatal, à la surface, à l’intérieur des
gouttes,
Vacille et les épuise… Imagination, quête et créa-
tion
D’un royaume. Ah ! je serre et je lâche une poignée
de brindilles !
Je
me veux serviteur, complice et tenant du poème
épars
Des sens. Serviteur des maisons dans leur sommeil.
Et des ranges.
L’une d’elle est un creuset. L’édifice di ciel pour-
voit
A
notre besoin d’infini, nous montre une seconde
route et
compose
Avec les vagues ! Avec les vagues, avec les vagues.
Avec
Des bois que nul ne sonde, des sentiers sans per-
sonne. Avec
des grottes
Qui leur ressemblent. Avec de nouveaux rochers
sous la voûte
des écueils,
Héros de l’abîme ! Et les eaux recommencent à luire
au niveau de
la mousse.
Audacieux, beaucoup plus qu’audacieux, presque
audacieux,
Nous les interrogeons. La religion du vent me comble.
Un souffle
Habite en nous, qui tendons à la profondeur de la
mer,
Modèle des jardins…Qui restons fidèles à la ten-
dresse de la
lymphe,
Nous laissons conduire à l’unité des fleurs. Unité
abondante. Et
La
règle est de croître…. Du côté d’une frontière
Ou d’une ligne
d’îles,
La
très chaste et très vénérable et redoutable Vé-
nus
Nous domine. A l’aplomb des toits les étoiles cli-
gnotent,
La
nuit les regroupe. Ah ! se soumettre à la nais-
sance du
soleil,
A
sa plénitude !... Avoir le désir d’accompagner sa soli-
tude
Dans l’embrasement de maints bâtiments dressés
sur le ciel,
De
bassins monumentaux… Le vent se relance
et nous drosse
Parmi les arbres… Il dessine, il détecte un port ab-
rupt.
J’en scrute et j’en occupe, en défends la grandeur.
Je m’en
inspire.
Je
répéterai, trouverai, je détaillerai, surgeons,
drageons,
Surgeons ! détaillerai à souhait les mots d’un éloge
des feuilles,
Mots qui s’enchaînent, nous entraînent… La lune
au bout de nos
doigts
Doit partir. Nous percevons, devinons que le brouil-
lard consume,
Du
toit des hangars aux piliers du temple, ah ! des
hangars
A
la grange, allume et consume un absolu de trans-
parence.
Notre lot ? Guetter, prudemment, l’épiphanie du feu.
Epier le
retour
Du
guide obscure (…)
Pierre Oster |