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Haibun pour un prince endormi
Haibun pour un prince amoureux
Aube
Ecoute, mon tendre prince
Je regarde par la fenêtre
Sublime perfection
Anaglyphes
Lampadophores
Modestie
Non mon frère je ne suis pas triste
Immersion
Khosrow Anushirvan
Mots d'azur
Andronikos
La Stèle obsidienne

Postludium

 

Invité / Pierre Oster

La Terre
16.3.2004

 

La terre est un savoir ! D’où les eaux, d’où les rochers

jaillissent.

La nuit, la plaine et la mer fondent un savoir proche

des murs.

Et, là, là ! là, solitude aux couleurs de la nudité des

choses,

Le soleil gravit les collines…Il redescendra dans les

champs,

Dans les mares, dans l’herbe. Autant de mares, autant

de portes

Par où le ciel rejoint le chaume. Arbres meurtris, che-

mins détruits,

            La campagne se tait. J’en conjure, en accepte la paix.

Le silence

            Signifie-t-il que les talus… si hauts, face au dieu du

Tout,

            Que les talus, de l’orbe des planètes au labyrinthe des

plantes,

            Ferment sans cesse une prison ayant la forme d’un val-

lon ?

            D’un vallon protecteur… Et, grâce à l’humus, à quelque

manne

            Humide, à la recherche de la rosée, au repos déjà solen-

nel

            Du matin, je me voue à l’espace. A sa beauté je m’in-

féode

            Bien avant que les heures ne brillent. Ah ! je mesure

à loisir

            Le petit jour… Sur l’horizon le soleil s’arrondit,

s’exalte.

            La nuit le couronne. Il nous restitue et nous dicte

et nous

            Vole une réponse ! Alors la pluie, infime, intime,

agréable,

            Orne des traces élémentaires, alimente à présent

le fanal

            Qui, augural, fatal, à la surface, à l’intérieur des

gouttes,

            Vacille et les épuise… Imagination, quête et créa-

tion

            D’un royaume. Ah ! je serre et je lâche une poignée

de brindilles !

            Je me veux serviteur, complice et tenant du poème

épars

            Des sens. Serviteur des maisons dans leur sommeil.

Et des ranges.

            L’une d’elle est un creuset. L’édifice di ciel pour-

voit

            A notre besoin d’infini, nous montre une seconde

route et compose

            Avec les vagues ! Avec les vagues, avec les vagues.

Avec

            Des bois que nul ne sonde, des sentiers sans per-

sonne. Avec des grottes

            Qui leur ressemblent. Avec de nouveaux rochers

sous la voûte des écueils,

            Héros de l’abîme ! Et les eaux recommencent à luire

au niveau de la mousse.

            Audacieux, beaucoup plus qu’audacieux, presque

audacieux,

            Nous les interrogeons. La religion du vent me comble.

Un souffle

            Habite en nous, qui tendons à la profondeur de la

mer,

            Modèle des jardins…Qui restons fidèles à la ten-

dresse de la lymphe,

            Nous laissons conduire à l’unité des fleurs. Unité

abondante. Et

            La règle est de croître…. Du côté d’une frontière

Ou d’une ligne d’îles,

            La très chaste et très vénérable et redoutable Vé-

nus

            Nous domine. A l’aplomb des toits les étoiles cli-

gnotent,

            La nuit les regroupe. Ah ! se soumettre à la nais-

sance du soleil,

            A sa plénitude !... Avoir le désir d’accompagner sa soli-

tude

            Dans l’embrasement de maints bâtiments dressés

sur le ciel,

            De bassins monumentaux… Le vent se relance

et nous drosse 

            Parmi les arbres… Il dessine, il détecte un port ab-

rupt.

            J’en scrute et j’en occupe, en défends la grandeur.      

Je m’en inspire.

            Je répéterai, trouverai, je détaillerai, surgeons,

drageons,

            Surgeons ! détaillerai à souhait les mots d’un éloge

des feuilles,

            Mots qui s’enchaînent, nous entraînent… La lune

au bout de nos doigts

            Doit partir. Nous percevons, devinons que le brouil-

lard consume,

            Du toit des hangars aux piliers du temple, ah ! des

hangars

            A la grange, allume et consume un absolu de trans-

parence.

            Notre lot ? Guetter, prudemment, l’épiphanie du feu.

Epier le retour

            Du guide obscure (…)

 

                        Pierre Oster