|
A Norton Hodges
« Où je vais,
Vous ne pouvez venir » »
Evangile selon
saint Jean, VIII, 21
Cette inlassable
terreur au-dedans, parmi,
Au-dessus, au-dessous des livres !
Mots forgés de peur, nombres incalculables,
Pages livides
Où loge la crainte, veuve que la main ne peut
Circonscrire !
Routes,
obstacles, voyage sur des larmes,
Mer, neiges, falaises, palmes, tout sauf
Le rêve dans le Rêve ! Des brises
Qui cherchent leur souffle neuf,
Des oiseaux sauvages assoiffés de paix !
« Où je vais,
Vous ne pouvez venir » !
- Seigneur ?
- Chut ! Crie,
parle en silence !
Je sais entendre avec Mes prunelles !
Viens, cours, presse-toi,
Approche,
Maintenant que tu sais
La blanche, la grave pesanteur
De ce que tu nomme péché
Et Moi, surdité !
- Mais, Toi, Tu
ne peux pas,
Tu ne dois parler ainsi, Seigneur,
Tu ne peux vraiment dire :
« Vous mourrez dans le péché ! »
N’es-Tu pas Rédemption et Amour,
Charité ?
Vie qu’il me faut orner de vie ?
« Approche ! –
dis-Tu – là,
Contre Moi, sur mon Cœur !
Ce qu’ils refusent, c’est
Le sang de la vraie lumière,
La Lumière du vrai sang ! »
Qu’y puis-je ?
Regarde avec les
battements d’eau
De ton coeur,
Des rayons sortent
De chaque graine de l’air !
Approche !
Tout est lumière
Dans la miséricorde !
J’attends !
Paris,
ce mercredi 3 novembre, Anno Christi MMIV
|